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Aux gens de l’industrie audiovisuelle

28 août 2015, par CeD


Les gens de l’indus­trie audio­vi­suelle, je suis plus hon­nête que vous : j’achète les conte­nus que je sou­haite écouter ou vision­ner, en vous don­nant du bon argent. En échange, vous me concé­dez, à titre pré­caire, un mau­vais pro­duit. Je viens d’ache­ter un DVD pour pas­ser le temps agréa­ble­ment dans un avion, en le vision­nant sur l’écran de mon télé­phone por­ta­ble (puis­que les com­pa­gnies aérien­nes inter­di­sent géné­ra­le­ment l’usage d’un lec­teur opti­que à bord — ah, cette manie de l’inter­dic­tion). Mais votre pro­duit ne per­met pas cela. Non seu­le­ment c’est écrit des­sus en tou­tes let­tres (“Use in other loca­tions such as air­li­nes […] is pro­hi­bi­ted”), mais vous y avez inclus un méca­nisme dia­bo­li­que des­tiné à m’en empê­cher. Ce qui est en soi une mal­hon­nê­teté : vous avez mon argent et vous en fai­tes ce que vous vou­lez, mais je ne peux pas dis­po­ser à ma guise des conte­nus que vous m’avez cédés.

Moyennant un peu d’astuce et une bonne dose de patience, j’ai tout de même pu trans­fé­rer le contenu de ce DVD dans la mémoire de mon télé­phone, je vais donc pou­voir en pro­fi­ter mal­gré vous pen­dant mon voyage. Je ne vous dirai pas com­ment j’ai pro­cédé, vous seriez capa­bles de per­fec­tion­ner votre ver­rouillage pour ren­dre ma méthode ino­pé­rante, voire de me pour­sui­vre en jus­tice (j’ai quel­que rai­son de vous soup­çon­ner d’être assez vora­ces pour ça) pour n’avoir pas uti­lisé mon achat selon vos pres­crip­tions (alors que jamais l’éditeur d’un bou­quin [1] ne pré­ten­drait m’obli­ger à lire son pro­duit dans le fau­teuil qu’il m’aura dési­gné, à l’exclu­sion de tout autre ; le ferait-il, je lui rirais au nez, tout comme le juge devant lequel il m’assi­gne­rait pour avoir déso­béi).

Votre pré­cieux contenu ne sor­tira pas du “cer­cle fami­lial”, inu­tile de m’assi­gner : je me fais fort de démon­trer qu’il n’y a aucun pré­ju­dice à répa­rer. Je crains que vous n’aimiez pas la juris­pru­dence qui en résul­te­rait.

En revan­che vous m’avez fait per­dre du temps, ce qui pour­rait jus­ti­fier un dédom­ma­ge­ment. Vous avez perdu votre temps et peut-être de l’argent (hon­nê­te­ment, je m’en fiche un peu) en tra­fi­quant ce pro­duit dans le but de le ren­dre moins uti­li­sa­ble. [2]

En conclu­sion, votre cupi­dité ne vous apporte rien, au contraire. J’aurais pu, sans bourse délier, obte­nir ce même contenu sans les inconvé­nients que vous avez décidé de m’impo­ser, vous le savez bien. Si je ne l’ai pas fait, d’autres que moi, moins patients, l’ont fait, le font et le refe­ront. Votre mes­qui­ne­rie est la cause prin­ci­pale des contre­fa­çons dont vous vous dites vic­ti­mes alors que vous en êtes les ins­ti­ga­teurs.

Non seu­le­ment je ne vous salue pas, mais je ne vous pro­mets pas d’être plus hon­nête que vous la pro­chaine fois.

Notes

[1] Du moins s’il est imprimé sur du papier ; l’édition électronique, très peu pour moi.

[2] En fait non, vous n’avez pas perdu d’argent en y incor­po­rant un ver­rou. Le coût de ce dis­po­si­tif est évidemment inclus dans le prix de vente, c’est donc encore moi qui l’ai payé.

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