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Un modèle économique qui ne marche plus

lundi 8 mars 2010

Le financement par la pub, seule alternative aux contenus chèrement payants ? Si c’est oui, alors c’est l’échec assuré. On tente de culpabiliser ceux qui comme moi filtrent la publicité pour accéder à un web lisible (et ont cessé depuis belle lurette de regarder la télé) : ne pas vouloir voir la pub, ce serait comme dîner au restaurant en refusant de payer l’addition [1].

Désolé, je réfute : en installant AdBlockPlus, je ne me suis pas rendu coupable de grivèlerie, pas plus qu’en balançant à la poubelle, sans les regarder, les réclames qui encombrent ma boîte aux lettres (fabriquées de surcroît dans un mauvais papier avec lequel je ne peux même pas allumer mon barbecue) : j’utilise les services de la poste, je rejette légitimement ce qu’elle me fourgue contre ma volonté.

Je veux bien payer pour les contenus qui m’intéressent, certainement pas pour ceux qui m’agressent et m’emmerdent [2]. Il faudra bien, donc, que les diffuseurs de contenus qui souhaitent m’atteindre et m’intéresser sans me désobliger trouvent des financements qui (i) n’enlèvent pas tout intérêt aux contenus véhiculés, tels les programmes télévisés que je ne regarde plus jamais, (ii) me permettent de choisir à quoi je veux accéder.

Je crois possible de définir un modèle économique différent. Qu’on m’appâte avec un peu de contenu gratuit (la couverture des magazines sert à ça, pourquoi pas la page d’accueil - propre, naturellement - des sites web ?), et qu’on me propose un sommaire dans lequel je ferai mon marché, moyennant des micro-paiements modiques, ultra-rapides et indolores. Techniquement, c’est faisable. Il ne manque que l’appropriation de la technologie adéquate par les diffuseurs de contenus aujourd’hui pollués par une publicité qui en limite l’attrait autant que l’audience, et les nécessaires partenariats avec des intermédiaires [3] ayant bien compris les enjeux : un porte-monnaie pré-chargé, un alt-clic, un ou deux centimes, et le contenu demandé est immédiatement délivré. [4] Il faut développer, normaliser et généraliser la micromonétique, véritable alternative au financement publicitaire. [5]

On peut d’ailleurs légitimement s’interroger sur l’indépendance et la neutralité des contenus sponsorisés ou diffusés grâce à la publicité (cf. l’éthique du Canard Enchaîné : zéro pub, faute de quoi zéro indépendance).

Bénéfice collatéral : je ne verrai que ce que j’ai choisi d’acquérir, sans me ruiner pour autant. Moins inondé d’informations, j’aurai davantage de temps de cerveau disponible pour apprécier, analyser, critiquer, réagir.

Voir en ligne : Why Ad Blocking is devastating to the sites you love (Ars Technica)

Notes

[1] Cela dit, au restau, quand on n’a pas de quoi payer, il est de tradition de faire la vaisselle : c’est bien ce que je fais en nettoyant mon écran pollué.

[2] Le caractère de plus en plus insupportable de la publicité est d’ailleurs un autre sujet intéressant à débattre : (i) le comportement des publicitaires n’est-il pas contre-productif pour les annonceurs ? (ii) n’y a-t-il pas un nouveau style publicitaire à inventer, plus respectueux des cibles que nous sommes tous, mais de moins en moins consentantes ? (iii) les nuisances de la pub ne résultent-elles pas d’une surenchère liée à un manque d’appréciation objective et rationnelle de la part des annonceurs et à un aveuglement des régies, où on fait semblant de croire que toujours plus de pub est synonyme de plus de rentabilité, en ignorant les dommages collatéraux en matière d’audience ?

[3] Bancaires ou autres : les fournisseurs d’accès, les tenanciers des cybercafés, les opérateurs téléphoniques, voire les publicitaires eux-mêmes, peuvent parfaitement remplir ce rôle.

[4] Je ne crois pas davantage à la pérennité du modèle qui transforme ma vie privée en monnaie d’échange : des contenus et services pseudo-gratuits moyennant la communication de données privées qui permettront ensuite de me bombarder de non-informations dont je n’ai que faire. Je ne crois pas non plus au modèle mendiant.

[5] Un signe du sous-développement actuel de la micromonétique est le taux de reversement scandaleusement bas (moins de 50%). Il est clair qu’une popularisation de cette technique passe par une forte diminution du prélèvement des intermédiaires, rendant possibles les paiements de quelques centimes ; sans doute grâce à une organisation coopérative.

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