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Pour shadoks idiophiles

lundi 14 février 2011 / 9 avril 2012, par CeD


Voir en ligne : Stabilisateur CD Marigo Labs Signature 3-D Mat

stabilisateur CD Après les célè­bres Rendistor, Brodule et Ionostat, les câbles d’ali­men­ta­tion électrique enro­bés de bois pré­cieux, les poten­tio­mè­tres rebap­ti­sés “pré-ampli­fi­ca­teurs” (pas­sifs évidemment) après embal­lage dans un boî­tier mas­sif — quel­que­fois lesté de béton, ça s'est vu —, adjonc­tion d'une connec­ti­que dorée à l'or fin et ajout de trois zéros au prix, voilà encore un beau cas d'idio­phi­lie char­la­ta­nes­que. Une fois n'est pas cou­tume, c'est rela­ti­ve­ment bon mar­ché : 199 € (pas­sons sur l'évidente com­pli­cité entre le fabri­cant et le blo­gueur audio­phile “indé­pen­dant” qui a testé le pro­duit pen­dant plu­sieurs mois avant de nous livrer ses conclu­sions enthou­sias­tes).

Chez le même fabri­cant, fusible haut de gamme on trouve aussi des fusi­bles haut de gamme (sic), revê­tus d'un pla­cage d'argent pur et de rho­dium, et on vous assure que ça s'entend. À 40 € le fusi­ble par­fai­te­ment ordi­naire mais brillant comme un sou neuf (le tube en verre et le fila­ment étant natu­rel­le­ment inchan­gés), on peut se faire entu­ber pour pas très cher fina­le­ment. Personnellement j'eusse pré­féré qu'on rem­pla­çât le vul­gaire verre par du cris­tal de Bohème et l'alliage indus­triel du fila­ment par un pré­cieux fil d'or mais bon, à ce prix-là on ne va pas chi­po­ter. [1]

stradivariDécouverte récem­ment, cette mul­ti­prise en bois pré­cieux mon­tée sur qua­tre pieds dorés est évidemment l'acces­soire sans lequel votre sys­tème audio (qui sait mieux que vous d'où vient le cou­rant électrique qui l'ali­mente) ne pourra rien don­ner de bon. 7500 dolards, prix élevé cer­tes, jus­ti­fié par le génie de l'inou­blia­ble luthier de Crémone qui l'a ins­pi­rée. Aucune ver­sion pré­vue avec pri­ses euro­péen­nes, mais vous trou­ve­rez au super­mar­ché du coin des adap­ta­teurs en plas­ti­que à trois francs six sous qui feront l'affaire. Il faut bien entendu abso­lu­ment l'équiper d'un fusi­ble haut de gamme argenté et rho­dié : sans lui, vous n'enten­drez aucune dif­fé­rence. Avec non plus, bien sûr, mais au moins vous aurez la satis­fac­tion d'ali­men­ter votre sys­tème avec une énergie vrai­ment haut de gamme.


Un arti­cle fameux de Peter Aczel (“The Audio Critic”) à relire de temps à autre, et en tout cas cha­que fois que vous êtes sur le point de suc­com­ber au bara­tin d'un char­la­tan ten­tant de vous convain­cre d'acqué­rir à prix d'or une babiole magi­que qui va trans­fi­gu­rer votre sys­tème audio : The Ten Biggest Lies In Audio (à par­tir de la page 5 numé­ro­tée 4). En résumé ces dix plus gros men­son­ges [2] sont :

  1. The cable lie (le mensonge du câble)
  2. The vacuum-tube lie (le mensonge du tube)
  3. The antidigital lie (le mensonge antinumérique)
  4. The listening-test lie (le mensonge du test d'écoute)
  5. The feedback lie (le mensonge de la contre-réaction)
  6. The burn-in lie (le mensonge du rodage)
  7. The biwiring lie (le mensonge du bicâblage)
  8. The power conditioner lie (le mensonge du conditionnement d'alimentation)
  9. The CD treatment lie (le mensonge du traitement des CD)
  10. The golden ear lie (le mensonge de l'oreille en or)

Voir la tra­duc­tion fran­çaise de l'arti­cle de Peter Aczel. Une autre tra­duc­tion ici, au for­mat pdf.


Ce billet m'est apparu indis­pen­sa­ble parce qu'il est arrivé, dans mon jeune temps, que des mar­chands de quin­caille­rie audio réus­sis­sent à me four­guer des trucs et des machins coû­teux et inef­fi­ca­ces, que mes oreilles et mon por­te­feuille m'ont heu­reu­se­ment rapi­de­ment convaincu de fou­tre à la pou­belle. Si j'ai pu ainsi éviter ne serait-ce qu'à un seul audio­phile de se faire avoir, j'esti­me­rai avoir fait œuvre utile. Voir aussi ici.

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : les équipements audio de qua­lité ne sont pas bon mar­ché. Mais les équipements chers ne sont pas for­cé­ment de qua­lité ni même uti­les. Il faut met­tre le prix là où ça se mesure et s'entend, pas ailleurs.

Enfin, on ne ne le répé­tera jamais assez : si vous pré­fé­rez le son des électroniques à tubes et/ou les bruits de sur­face et la dyna­mi­que atté­nuée des micro­sillons, c'est votre droit le plus strict. Mais alors admet­tez que c'est une pré­fé­rence esthé­ti­que pour ce qui, objec­ti­ve­ment, n'est pas autre chose qu'une dis­tor­sion c'est-à-dire une dif­fé­rence mesu­ra­ble (en l'occur­rence vou­lue et recher­chée parce qu'elle plaît) entre le signal ori­gi­nal et celui res­ti­tué.

P.-S.

Tiens, encore deux liens idio­phi­les­ques pour la route, l’un étant lar­ge­ment expli­qué par l’autre : Lien 1 et Lien 2

Comme quoi l’appât du gain (sans jeu de mots facile) n’est jamais loin du char­la­tan qui vous expli­que qu’un câble de haut-par­leur ayant une résis­tance de 8 Ohms (je vous mets au défi d’en trou­ver un) réduira de moi­tié la puis­sance du signal et de trois quarts le volume sonore de vos encein­tes, toute consi­dé­ra­tion de ten­sion étant bien entendu négli­gea­ble.

Article connexe : Lire ici

Notes

[1] Nos lec­teurs les plus atten­tifs auront noté que ce fusi­ble déci­dé­ment peu ordi­naire est pola­risé : une petite flè­che indi­que dans quel sens il faut le mon­ter. Le hic est que ça se monte dans un cir­cuit de cou­rant alter­na­tif. Il convient donc de le retour­ner tous les cin­quan­tiè­mes de seconde, et même un peu plus sou­vent si vous habi­tez l'Amérique du Nord.

[2] Il en existe hélas bien d'autres.

1 Message

  • De la variabilité des conditions d’écoute

    10 avril 2012 17:10, par CeD

    J’avoue volon­tiers n’avoir testé ni le ren­dis­tor, ni le bro­dule, ni l’iono­stat, encore moins la bar­rette mul­ti­prise à cinq mille euros. Fainéantise intel­lec­tuelle ? Oui, si on veut. Il y a tel­le­ment de gri­gris de ce genre sur le mar­ché que per­sonne n’a vrai­ment le temps de les essayer. Les expli­ca­tions qui les accom­pa­gnent me sem­blent géné­ra­le­ment trop fumeu­ses pour méri­ter qu’on s’y arrête.

    Ma curio­sité natu­relle a bien sûr remar­qué que par temps de brouillard par exem­ple, la pro­pa­ga­tion du son dans l’air est per­cep­ti­ble­ment modi­fiée : les gout­te­let­tes en sus­pen­sion ont un effet acous­ti­que que je ne nie pas. Je consi­dère cepen­dant que les condi­tions d’écoute sont varia­bles par essence. Il est impos­si­ble d’en maî­tri­ser com­plè­te­ment les innom­bra­bles para­mè­tres. Au concert, en stu­dio ou dans ma salle d’écoute, la musi­que peut se per­ce­voir dif­fé­rem­ment selon que tel objet acous­ti­que­ment non neu­tre (un lutrin, un cha­peau, un étui de vio­lon­celle) est ici ou là, selon l’humi­dité de l’air, selon que mon voi­sin est habillé de laine ou de coton, etc. Ça fait par­tie de l’impon­dé­ra­ble et je m’en accom­mode. Toute musi­que, vivante ou enre­gis­trée, est un événement éphémère et uni­que, sou­mis à tant d’aléas minus­cu­les qu’il serait vain de vou­loir les neu­tra­li­ser.


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